Comment commencer sa collection d'insectes

(l'Abécédaire de l'entomologiste amateur)

undercon.gif (1133 bytes) N.B.: Ce document est en perpétuel changement à mesure que je reçoit de nouvelles informations.

par Sylvain Côté

  • Introduction
  • Récolte des insectes
  • Code d'éthique
  • Matériel requis pour la récolte.
  • Méthodes de récolte actives
  • Méthodes de récoltes passives
  • Préservation (temporaire) des insectes avant le montage
  • Préparation microscopiques
  • Montage des insectes
  • Matériel requis pour le montage
  • Emplacement de l'épingle
  • Étiquetage des insectes
  • Identification des insectes
  • Préservation des insectes après le montage (entretien de la collection d'insectes)
  • Bibliographie
  • Introduction

    Avant de commencer une collection d'insectes il faut se demander pourquoi on veut collectionner les insectes. On peut collectionner les insectes pour leur beauté, pour apprendre à mieux les connaître de façon générale, pour les identifier lorsque c'est dans le cadre de recherches plus sérieuses ou tout simplement pour le simple plaisir de découvrir leur immense diversité de formes, de couleurs et d'adaptations. Peu importe la raison pour laquelle on collectionne les insectes il existe une foule de méthodes pour les récolter et bien les préserver afin que leur valeur scientifique soit préservée.

    Lors d'une sortie sur le terrain, l'entomologiste amateur fera toutes sorte d'observations intéressantes sur les insectes, qu'il les capture ou non. L'utilisation d'un petit calepin de notes s'avèrera fort utile à ce moment pour noter toutes les observations d'ordre biologique comme la plante hôte de l'insecte, des accouplements ou autres moeurs de l'insecte.

    Ce document est un outil destiné aux entomologistes débutants.

    Récolte des insectes

    Code d'éthique

    Lorsqu'on récolte des insectes il faut respecter l'environnement. Par exemple, on replace les roches, les bûches soulevées pour permettre aux insectes qui restent de continuer à coloniser le micro habitat qu'on vient de perturber. On s'abstient aussi de vider un milieu d'un insecte rare, de récolter en grand nombre les spécimens. Rappelez-vous que vous aurez à monter tous les spécimens récoltés. 

    La Lepidopterists' Society a sur son site un « Code d'éthique pour la collecte de papillons » en anglais. Ce document devrait être lu au moins une fois par tout entomologiste quel qu'il(elle) soit... et ensuite appliqué en général pour l'ensemble des insectes récoltés. plus>>. Il y a une version traduite (avec quelques différences notables dans le texte traduit) sur le site de l'Insectarium de Montréal plus>>.

    Matériel requis pour la récolte

    • Un calepin de notes et un crayon plomb (pas de crayon à bille car ce dernier peut s'effacer s'il vient en contact avec l'eau). Le calepin sert à noter les informations de base de nos récoltes:
    1. La date de capture
    2. l'endroit de la capture (toponyme le plus près : Ville, Village, nom du lac avec le comté, etc.)

    Il est aussi préférable d'y ajouter quelques notes biologiques afin d'enrichir la valeur scientifique de votre collection. Voici quelques exemples:

    • La plante hôte.
    • La température/humidité (i.e. les conditions physiques).
    • L'heure de la capture.
    • Observations comportementales (accouplement, ponte, etc).
    • Le stade larvaire : par exemple on peut élever les larves pour obtenir des adultes en parfaite condition.
    • Des contenants pour la récolte d'insectes vivants. Les petits pots de pilules  transparents (communément appelés «piluliers» à tort) ou les boîtes translucides de film 35 mm font très bien l'affaire.
    • Un poison pour les insectes.
      L'acétate d'éthyle (aussi appelé éther acétique) est le solvant le plus utilisé, car il n'est pas trop nocif pour les humains si utilisé adéquatement. ATTENTION! la manipulation de tout produit chimique tel l'acétate d'éthyle DOIT se faire sous supervision d'un adulte et DOIT se faire dans un endroit bien aéré comme pour tout autre solvant. L'acétate d'éthyle a l'avantage de ne pas trop faire raidir les insectes. Par contre c'est un poison liquide et il faut éviter de trop en mettre dans les bocaux destinés aux papillons pour éviter qu'une condensation se forme. Si un papillon se colle les ailes sur un liquide dans un pot, il sera grandement abîmé voire même foutu!

      Un substitut de l'acétate d'éthyle et le dissolvant à vernis à ongle à base d'acétone. C'est facile à trouver et ça fonctionne presque aussi bien que l'acétate d'éthyle.

      Plusieurs entomologistes utilisent le cyanure de potassium pour les papillon car ce dernier est un poison sec. Par contre le cyanure de potassium est un poison violent pour les humains. La confection et les précautions quant à la manipulation des pots de cyanure sont traitées dans le "Guide des papillons du Québec" par Louis Handfield paru en août 1999.

      L'ammoniaque est aussi très utilisé par les lépidoptéristes. Il est plus facile à trouver que le cyanure.
    • Une ou deux chambre asphyxiante, constituée d'un bocal en verre, à large ouverture pour les insectes de grande taille tels les papillons, ou plus allongé et à ouverture étroite pour les coléoptères. Pourquoi deux chambres asphyxiantes ? Parce qu'il faut éviter de mélanger les papillons aux autres insectes. Le corps des papillons est recouvert de milliers d'écailles et ils en perdent beaucoup lorsqu'ils se débattent dans le pot avant de mourir. Si on ajoute d'autres insectes dans le même pot, ceux-ci pourraient abîmer les papillons qui s'y trouvent déjà, ou bien voir leur corps recouverts d'écailles. Ce qui implique qu'il faudrait les laver à notre retour à la maison
      Un pot de beurre d'arachides avec une ouverture d'environ 8-10 cm constitue un excellent contenant pour les papillons. Pour confectionner une chambre asphyxiante, on peut idéalement mettre une couche de plâtre de Paris dans le fond du bocal ou plus simplement mettre un bout de tissu imbibé avec quelques gouttes de poison. la dernière méthode n'étant pas recommandée pour les papillons.
      Les boîtes translucides de film 35 mm sont résistantes à l'acétate d'éthyle et se prêtent bien pour les coléoptères.
    • Des papillotes pour les collectionneurs de papillons
      Les papillotes sont pratiques pour protéger au maximum les spécimens : Sur le terrain, aussitôt que le papillon est assommé par le poison je le transfert dans une papillote, les ailes repliées sur le dos. De cette façon, le papillon est protégé contre les soubresauts du transport et contre les débats des autres papillons qu'on ajoute ultérieurement au cours de notre chasse. À l'arrivée à la maison, ayant gardé les papillons dans les papillotes, on évite des accidents lors de leur manipulation. On n'a qu'à inscrire les données de terrain usuelles (lieu, date, collectionneur, notes biologiques) sur les papillotes si on ne veut pas les étaler tout de suite. Ensuite on utilise la méthode du congélateur (voir plus loin) si on veut conserver les spécimens souples afin de les étaler plus tard, sinon, on peut les faire sécher directement dans les papillotes si on veut les conserver déshydratés ou pour des échanges.
    Technique : Comment faire une papillote rectangulaire
    • Vos mains et vos yeux! Ce sont les «accessoires» les plus importants. Prenez le temps d'observer de près la nature, arrêtez le temps quelques instants et observez l'activité des insectes dans un champ au mois de juin, sous les écorces des arbres ou sur un champignon. Il y a plein d'espèces à découvrir. Les accessoires suivants peuvent aider à faire la capture en plus grand nombre.

    Méthodes de récolte actives

    Le filet aérien
    C'est le filet le plus connu. Attraper un papillon ou une libellule au vol, quoi de plus excitant ?
    Le filet fauchoir
    Avec une toile plus épaisse, plus résistante. Il faut garder un angle de 45 degrés lorsqu'on fauche la végétation.
    Le filet troubleau
    Pour les insectes aquatiques.
    Le battage au parapluie japonais (battoir)
    Pour récolter les insectes sur les arbres et les arbustes.
    Le tamisage
    Pour les insectes terrestres (efficace au printemps ou à l'automne)
    Le piétinage
    Pour les insectes (coléoptères semi-aquatiques)

    Méthodes de récolte passives

    Le piège lumineux >> (en construction)
    Pour la chasse nocturne. C'est passif comme méthode, mais j'vous jure que des fois y'a de l'action près d'un piège lumineux. Saviez-vous qu'il y a au moins deux fois plus d'insectes actifs la nuit que le jour?
    La miellée (nuit) >>
    La meilleure méthode pour attraper les Catocala (Lepidoptera : Noctuidae) la nuit. On a souvent des surprises (Coléoptères) lors de ces chasses.
    La «cannisse» de miellée
    Sur un bidon genre lave-glace on pratique une ouverture sur le côté et on met de la miellée liquide dans le fond. On suspend le bidon dans la forêt. Bon pour attraper des Longicornes (Coleoptera : Cerambycidae). Doit être visité à tous les jours. On récolte les insectes avec un petit tamis.
    Le «pitfall» ou piège-fosse
    On enfonce une canne ou un bocal au niveau de la terre pour attraper les insectes terrestres.
    Le «pitfall» avec appât
    En y ajoutant un appât comme de la viande hachée, on peut attraper de beaux insectes nécrophages.
    Le bol jaune
    Tout plat jaune (teinte jaune «serin») avec un peu d'eau savonneuse attirera beaucoup d'Hyménoptères.
    Le Berlese
    On place un substrat qu'on fait sécher sous la lumière, et les insectes migrent vers le bas dans un bocal récepteur.
    Le piège Malaise
    Un filet intercepte les insectes au vol. L'insecte cherche alors à monter et est pris dans un bocal renversé avec entonnoir et poison.

    Préservation (temporaire) des insectes avant le montage

    Après une journée de chasse, on a souvent récolté plus d'insectes qu'il nous est possible de monter la journée même. Il existe des méthodes pour les conserver afin qu'ils restent souples jusqu'au moment du montage. Le principe de base pour la conservation est d'éviter qu'il se déshydrate tout en évitant qu'il moisisse. Un insecte séché peut, dans la plupart des cas, être récupéré si on le ré humidifie, mais un insecte attaqué par la moisissure est perdu. Un insecte qui s'est déshydraté, même un peu, peut difficilement être monté car ses pattes ou ses antennes deviennent cassantes. En plus, certains groupes d'insectes, notamment les Micro lépidoptères, doivent être montés immédiatement au retour, pendant qu'ils sont encore vivants.  Selon le type d'insecte il existe plusieurs méthode de préservation avant le montage. En voici quelques-unes:

    Au congélateur

    Coléoptères, Hémiptères, etc.

    En général, on peut conserver les spécimens au congélateur jusqu'au moment du montage. Le truc est de s'assurer qu'ils ne se dessèchent pas, même au congélateur (les congélateurs contemporains «sans givre» ont un taux d'humidité très bas). La méthode que j'utilise consiste à placer les insectes dans des petits contenants hermétiques au congélateur. Par exemple, je place les petits insectes accompagnés d'une étiquette avec la date, la localité, et autres notes dans des petits pots de film 35 mm. Chaque échantillon étant séparés par des couches d'essuie-tout (pas de ouate car c'est trop accrochant : les appendices des insectes risquent de se briser lorsqu'on voudra les sortir). Je place ensuite les petits pots dans un plus gros plat genre «TupperWare» (ou à margarine) lui aussi fermé. Dans ce plat, je tapisse le fond avec un morceau d'essuie-tout humide pour garder un bon taux d'humidité.  De cette façon, les insectes peuvent se conserver plusieurs mois et vont rester souples jusqu'au moment du montage, en autant que le congélateur ne cesse pas de fonctionner et que votre contenant soit (ou reste) hermétique évidemment. J'en ai même vu qui sont restés passablement souples après 3 ans!

    Lépidoptères

    On place les lépidoptères dans une papillote (toujours bien identifiée avec la date, la localité, et autres notes) et ensuite on place les papillotes dans un contenant hermétique tel que mentionné ci-dessus. Attention : Les antennes des Lépidoptères sont extrêmement sensibles à la dé hydratation.

    Déshydratation

    Protégez vos insectes de l'humidité

    Sous nos latitudes tempérées, on peu très bien conserver la plupart des insectes en les laissant sécher à la température de la pièce, en autant que l'humidité relative ne soit pas trop élevée (idéalement sous les 50% H.R.) comme dans certains sous-sols. C'est la raison pourquoi il est difficile de conserver une collection d'insectes dans les pays tropicaux : le taux d'humidité est tellement élevé que les insectes montés s'affaissent et finissent par moisir.  On peut utiliser du Silicagel (utilisé pour les fleurs séchées) pour aider à la déshydratation des insectes dans des conditions extrêmes, mais le problème reste si on n'a pas d'entreposage à l'abri de l'humidité.

    Protégez vos insectes des dermestes

    Une fois les insectes déshydratés il faut les ranger dans un contenant hermétique aux dermestes si possible. Sinon il faut ajouter un répulsif comme des «boules à mites» (voir plus loin la section Préservation des insectes après le montage (à venir) pour la liste des répulsifs).

    Coléoptères

    Plusieurs coléoptéristes conservent leurs spécimens dans une papillote spéciale, aussi appelée "Blister" (de l'anglais "Blister Pack").

    On prend un rectangle de carton moyennement rigide (comme le carton d'une boîte de céréale par exemple) d'une taille un peu plus grande que le spécimen à conserver. À l'endos on écrit AU MINIMUM le nom de l'insecte, le pays, localité et date de capture. Sinon, il faut mettre une étiquette avec ces mêmes renseignements à côté de l'insecte.

    Sur ce carton on met un ou plusieurs morceaux rectangulaire (de la même taille que le carton précédent) de n'importe quel matériau moelleux ou spongieux. Par exemple, certains entomologistes utilisent 3-4 couches d'essuie-tout, un bout de mousse d'environ 5 mm d'épaisseur ou de la ouate. Le désavantage de la ouate ou autre matériau fibreux est que les les crochets des tarses ainsi que les autres appendices comme les antennes des insectes peuvent s'y accrocher facilement et lors du démontage de la papillote on risque de les briser si on ne fait pas attention à ce détail.

    Ensuite on place l'insecte sur le ventre (en prenant soit de placer ses appendices repliées le long de son corps) sur le matériel moelleux et on recouvre l'insecte d'un autre rectangle, mais cette fois-ci, d'un morceau d'emballage plastique découpé, par exemple, dans un sac à sandwich genre «ZipLock».  Il ne reste qu'à brocher les trois couches ensemble tout autour de l'insecte et d'inscrire les informations usuelles sous le carton et le tour est joué! On peut aussi remplacer la dernière couche par des petits sac refermables genre «ZipLock» de la meme taille que le carton rigide. Cette dernière façon de procéder permet d'ouvrir et refermer l'emballage rapidement (sans avoir a défaire les broches. Par contre, si le sac est trop grand par rapport au carton, l'insecte risque de se déplacer et de s'abîmer. Ce genre de papillote est très utilisé pour les envois postaux car il protège très bien l'insecte, tellement, qu'on pourrait jouer au «Freezbee» avec les papillotes que les insectes ne seraient pratiquement pas abîmés.

    Liens utiles : La mise en blister et les envois postaux >>

    Préservation dans l'alcool

    Plusieurs insectes qui on le corps mou ne se conservent pas bien lorsqu'ils sèchent. C'est le cas notamment des insectes immatures comme les chenilles de papillons et les larves, ainsi que certains autres insectes imago à corps mou comme les pucerons et les araignées. La meilleure méthode de préservation est alors de les mettre dans un petit flacon avec de l'alcool éthylique à 70% avec un peu de vinaigre. Le vinaigre aide à conserver une certaine souplesse au spécimen. Afin de conserver un maximum de souplesse, il n'est pas recommandé de les mettre vivants dans l'alcool, mais plutôt de les tuer sous l'eau chaude du robinet (je dis bien de l'eau chaude et non bouillante; il ne faut pas les faire cuire !!!).  Il existe plusieurs recettes de liquides de préservation plus ou moins faciles à faire à la maison. Voir Comment conserver les larves d'insectes dans un liquide préservatif dans la FAQ de l'AEAQ ou consultez le livre de Martin, 1983 pour en savoir plus.

    Préparation microscopiques

    Les petits insectes comme les collemboles, les pucerons, les puces et les Mallophages, doivent être montés sur des lames de microscope. Il en va de même pour certaines parties d'insectes comme pièces buccales, les génitalia (organes génitaux des insectes) et les ailes. Dans certains cas il faut comparer ces structures au microscope afin d'identifier de façon positive une espèce d'insecte.

    Il existe plusieurs techniques assez compliquées et spécifiques au type de préparation, en plus d'impliquer des produits chimiques spécialisés. Il serait trop long de les détailler ici. Mais grosso modo, avant d'être fixé définitivement sur une lame, les spécimens peuvent subir les opérations suivantes :

    • Nettoyage
    • Éclaircissement (pour rendre plus transparent). On utilise souvent de l'hydroxyde de potassium (KOH) en solution à 10% pour ce faire.
    • Rinçage à divers étapes pour arrêter les agents chimiques
    • Vidage du spécimen de ses parties molles
    • Déshydratation
    • Blanchiment
    • Coloration
    • Fixation permanente sur la lame

    Merci à Bernard Landry, du Muséum d'histoire naturelle de la Ville de Genève, de nous offrir un document concernant sa méthode de préparation des génitalia de papillons le sujet à l'adresse suivante :
    http://www.geneva-city.ch/musinfo/mhng/page1/entodis.htm
    aussi disponible en format PDF .

    Montage des insectes

    Introduction

    On peut monter les insectes de différentes façons, selon leur taille, leur ordre ou leur stade de développement.

    On peut monter des insectes piquées par une épingle entomologique, collé sur un petit triangle de carton ou une paillette (morceau de carton rectangulaire) piqué sur une épingle, on monte les microlépidoptères piqués sur une minutie, cette dernière étant montée sur un bout de liège. Si un insecte est petit, la règle no 1 non écrite que j'utilise est: si l'insecte est assez petit pour être sur un triangle (moins de 8mm), je préfère le coller sur un triangle plutôt que de risquer de l'endommager en lui plantant un épingle dans le corps. De plus, je ne prend jamais (ou plutôt plus jamais ;-) d'épingles plus petites que #0 pour épingler les insectes. Ceci est parce que les #00 et #000 sont trop molles et se plantent difficilement dans certains substrat de fond de boîte et on risque de plier l'épingle ou d'endommager les spécimens quand on les manipule. La règle no 2 non écrite est : si une aiguille #0 est trop grosse pour épingler l'insectes, c'est qu'il faut le coller sur un triangle, une paillette, ou conserver dans l'alcool si le corps est mou. Dans la majorité des cas, l'imago (l'adulte), est monté sur une épingle. toutefois il faut savoir où et comment placer l'épingle selon l'ordre d'insecte il s'agit. 

    Matériel requis pour le montage

    Épingles entomologiques

    Des épingles de différentes grosseurs. Si, pour commencer, vous n'aviez qu'à acheter deux paquets je vous suggère les # 0 pour les plus petits insectes et les # 3 pour les plus gros ou pour monter les insectes sur un triangle... mais éventuellement vous aurez besoin d'acheter quelques paquets pour les autres besoins.  Par exemple, si vous attrapez un papillon de nuit comme les Saturnidae (Papillon lune, Cécropia, Polyphème, gros sphinx, etc.) qui a un gros corps, vous aurez besoin des aiguilles # 7, qui sont plus longues.

    Emplacement de l'épingle.

    Sur le thorax

    Normalement on épingle les insectes au travers le thorax entre les deux paires d'ailes et non l'abdomen. Dans le cas des coléoptères, on plante sur l'élytre droit, et pour les Hétéroptères, dans le côté droit du triangle scutellaire. En général il est recommandé de mettre l'épingle non au centre, mais plutôt vers le côté droit par rapport à l'axe longitudinal de l'insecte. Le but de mettre l'épingle vers la droite est d'éviter de planter l'épingle dans une structure qui pourrait servir à l'identification et qui serait au centre du corps de l'insecte. Dans le cas des Odonates et des Lépidoptères on peut placer l'épingle au centre du thorax car on ne se sert pas de ces structures pour l'identification. L'épingle doit aussi être placé perpendiculairement dans les 2 sens par rapport au corps (idéalement!!  se soyez pas trop sévère avec vous même, si l'insecte est fragile, on peut tolérer un petit angle de travers plutôt que de risquer de l'abîmer en réessayant 2 -3 fois de planter l'épingle :-).

    Bonne façon d'enfoncer l'épingle (figure 1)



    epingleok1.gif (3925 bytes) epingleok2.gif (3381 bytes)
    Mauvaise façon d'enfoncer l'épingle (Figure 2)
    epinglepasok1.gif (3503 bytes)
    trop croche
    epinglepasok2.gif (3500 bytes)
    trop croche
    epinglepasok3.gif (3657 bytes)
    trop haut
    epinglepasok4.gif (3612 bytes)
    trop bas

    Hauteur de l'épingle

    Enfoncer l'épingle jusqu'à ce que le bas du corps de l'insecte (i.e. sa bedaine) soit à 2,5 cm (1 pouce) de hauteur sur l'épingle (figure 1). On se sert souvent de petits blocs gabarit pour ajuster et uniformiser facilement la hauteur de l'insecte sur les épingles.

    Dans le cas des insectes avec un gros corps, comme certains papillons de nuit (ex. le Sphinx Modeste ) il est parfois nécessaire d'utiliser des épingles #7, qui sont les seules à être plus longues, afin que le bas du corps soit à 2,5 cm de haut. Le seul inconvénient avec ces épingles est qu'ils n'entrent pas en hauteur dans certaines boites entomologiques et il faut couper la tête de l'épingle avec des pinces coupantes pour éviter que celles-ci plient sous le couvercle vitré de la boîte.  

    Disposition des ailes

    - base des ailes antérieures perpendiculaires
    - on peut étaler qu'un seul côté où même à l'envers dans certains cas
    - j'ai développé une technique spéciale pour étaler les ailes des petits insectes à ailes membraneuses comme les diptères et hyménoptères (à venir)

    (reste à venir )

    Disposition des pattes

    - Lorsque possible, on dégage les pattes, en les plaçant le long du corps, la première paire vers l'avant et les 2 autres paires vers l'arrière. Dans le cas des diptères, on met les 2 premières paires vers l'avant. Faire attention de ne pas écarter trop les pattes du corps car elles risquent plus de se briser lorsqu'on manipule nos spécimens: les mettre le plus proche du corps possible. certains entomologistes vont prendre un soins minutieux à placer toutes les pattes de façon la plus symétrique possible, ce qui augment la qualité "esthétique" de la collection. Mais ce n'est pas un critère essentiel: le but est de rendre visibles les structures qui pourraient être nécessaires à l'identification.

    à venir

     

    Selon les principaux ordres, les différentes façon de monter les insectes:

    Odonates:

    On peut conserver les odonates dans des papillotes semi transparentes (ex. papier décalque) ou piquées sur une épingle. Si on fait sécher les odonates dans un étaloir à papillon, les ailes étalées de chaque côté du corps, on peut placer l'épingle au centre du thorax car on ne se sert pas de ces structures pour l'identification. On peut aussi faire sécher l'odonate avec les ailes repliées sur le dessus du corps comme dans une papillote et plante une épingle sur le côté du thorax. Cette méthode a l'avantage de prendre moins de place dans les boîtes de collection et permet de bien voir les structures pour l'identification.  

    Lépidoptères

    Voir Technique : Comment étaler un papillon .

    Pour les microlépidoptères, veuillez vous référer à l'article de Jean-François Landry, Fabreries 16(1). p 1-21.

    Coléoptères

    à venir

    Diptères et Hyménoptères

    On enfonce généralement l'épingle sur le côté droit du thorax, entre les ailes antérieures. On peut étaler les ailes afin de bien voir les structures 

    Étiquetage des insectes

    Inhérente au spécimen, l'étiquette doit durer autant que lui. Comme pour tout document d'archive, sa durabilité exige un papier sans acide et une encre permanente. Un insecte sans étiquette, sans données, n'a aucune valeur scientifique. Il n'est bon que pour faire une décoration ou à jeter à la poubelle.

    Papier pour étiquettes

    Le papier utilisé doit être d'une qualité supérieure à du papier normal. LE papier idéal serait fabriqué de fibres 100% coton, lisse, d'une blancheur maximale, mat, être assez épais, sans acide, d'un format standard 8.5" x 11" (279 x 216 mm) ou A4 en Europe si l'on veut s'en servir dans une imprimante, disponible en petites quantités et facilement trouvable par « monsieur/madame tout le monde ».  Il n'est pas facile de trouver du papier qui rencontre toutes ces caractéristiques sur le marché. On utilise souvent le terme « papier de qualité archive ». Il faut garder en tête que le papier sera entreposé le plus souvent dans des tiroirs assez hermétiques dans lequel toutes sortes de produits chimiques s'évaporent pour éloigner les insectes et c'est une des raisons pour laquelle il faut que le papier soit de qualité supérieure.

    Caractéristiques physiques

    Le papier doit être d'une blancheur maximale. L'indice de blancheur (Norme ISO «brightness») devrait être de plus de 90 %.  Le papier doit être lisse (sans texture rugueuse ou bosselée) afin que les inscriptions faites à l'aide de plumes à pointes fines soient droites, claires et précises. On choisira un papier mat plutôt que reluisant, l'encre y pénètre plus facilement.

    Le papier doit aussi être assez épais pour éviter que l'étiquette tourne autour de l'épingle une fois piquée. On recommande dans les manuels du papier d'au moins 36 lbs. Le papier normal pour imprimante faisant entre 20 et 24 lbs, ce dernier est trop mince. En pratique les collectionneurs utilisent du papier jusqu'à 60 lb (épais environ comme un carton à couverture).

    Composition des fibres

    Dans certains guides on parle aussi de papier 100% coton. Un spécialiste du papier m'a dit que le pourcentage de coton était directement proportionnel à sa durée de vie, donc un papier 100% serait bon pour environ 100 ans et une papier 25% coton durerait 25 ans. Encore ici, dans la pratique, j'ai vu peu de musées ou collectionneurs qui utilisaient du papier 100% coton, probablement parce qu'il est difficile de trouver un tel papier avec les autres qualités qu'on lui recherche. On le aussi veut sans acide pour éviter qu'il jaunisse au cours des années. Aujourd'hui heureusement, la plupart des papiers sont fabriqués sans acide.

    Ce site donne une bonne idées des caractéristiques d'une foule de papiers :
    http://www.conservatree.com/paper/PaperGuide/Writing.shtml

    Consultez ce lien en français sur les Normes d'étiquetage pour les arthropodes terrestres par la Commission biologique du Canada (section arthropodes terrestres). Mémoire publié en 2001.

    Quel type d'encre utiliser ?

    L'encre de couleur, les photocopies, le papier carbone, le crayon à bille sont à proscrire parce que leur encre n'est pas permanente.

    Crayon à encre indélébile (encre de chine, encre à pigments)

    Personnellement, j'utilise les crayon Staedtler® Pigment Liner; ils sont disponibles avec des pointes de divers calibres (les pointes .01 or .005 donnent un trait extrêmement fin utile pour les petits caractères) et se vendent environ 3 $ CAN. J'utilise aussi les plumes techniques à encre de Chine Staedtler® Marsmatic série 700 avec la pointe 5x0 (0.13). Mais le désavantage de cette plume est que si on ne l'utilise plus pour une longue période de temps (environ 2-3 mois) l'encre peut sécher dans la pointe et peut le rendre inutilisable. Pour éviter cela, il faut vider et nettoyer la plume, sinon on peut devoir remplacer la pointe qui coûte assez cher (~25 $ CAN). 

    Impression d'étiquettes de collection avec une imprimante.

    nouveau.gif (951 bytes) vous trouverez ici un Modèle d'étiquettes pour collection d'insectes à imprimer (Modèle sur MS Excel)

    Instructions pour le téléchargement : avec le bouton droit («right-click») de votre souris, choisissez « enregistrez la cible sous... » dans le menu contextuel pour télécharger une copie de ce fichier sur votre ordinateur.

    Ensuite, il ne vous reste, une fois ce fichier ouvert avec Excel, qu'à chercher et remplacer les informations existantes par les vôtres... et voilà vous êtes prêt à imprimer le tout sur une imprimante laser à 600ppp ou idéalement à plus haute résolution (1200ppp).

    Les Normes d'étiquetage pour les arthropodes terrestres mentionnent que « Les imprimantes laser et les imprimantes à jet d'encre de bonne qualité donnent une impression de qualité suffisante pour les étiquettes permanentes. ». Toutefois, on ne sais pas vraiment combien de temps l'encre en poudre chauffée (comme dans le cas d'imprimantes laser) sur une feuille de papier va tenir en place. À mon avis, une imprimante à jet d'encre à haute résolution, avec de l'encre de qualité archive, serait préférable que la technologie laser, car les pigments de la jet d'encre pénètrent mieux le papier.

    Dans tous les cas, l'impression des étiquettes au laser n'est absolument pas recommandée pour les collections humides. Pour l'avoir vécu moi-même, les étiquettes au laser placées dans les préservatifs à base d'alcool finissent par devenir très fragiles et l'encre se détache après quelques 2-3 années seulement si l'étiquette est manipulée. Imaginez si vos spécimens perdaient leurs données ! ça serait une vraie catastrophe au niveau scientifique. Donc à éviter absolument. Utilisez-donc la bonne vieille plume à l'encre de chine. Cette méthode à fait ses preuves.

    Vous trouverez ici une étude sur la durabilité des étiquettes de collection imprimées au laser (http://isopods.nhm.org/people/wetzer/pdf/10224.pdf) dans les milieux humides. Le site www.spnhc.org (Society for the Preservation of Natuarl History Collections) pourrait vous informer davantage sur le sujet.

    Vous trouverez ici un document PDF (Comment étiqueter un insecte ?) Texte collectif du personnel d'Entomologie du Muséum national d'histoire naturelle (INRA).

    Voir aussi un document de Entomofaune du Québec :  Leclercq, J. 1987. À propos des étiquettes de provenance dans les collections (http://entomofaune.qc.ca/publicat/DT11-Etiquette.pdf).

     

     

    Identification des insectes

     

    Pour identifier les insectes, on se sert généralement de clés dichotomiques. l'AEAQ publie Le supplément no 1 : L'Abrégé d'entomologie (désolé, épuisé en date du 1er mars 2006) qui peut aider les débutants à identifier les principales espèces du Québec à l'aides de clés jusqu'au niveau de l'Ordre.

    Préservation des insectes après le montage (entretien de la collection d'insectes)

     

    Bibliographie

  • Handfield, Louis. 1999. Guide des papillons du Québec. Éditions Broquet.
  • Martin, J.E.H. 1983. Récolte, préparation et conservation des Insectes, des Acariens et des Araignées. Les Insectes et Arachnides du Canada - Partie 1. Publication 1643, Agriculture Canada, 205 p.
  • Landry, Jean-François. 1991. Récolte et préparation des microlépidoptères. Fabreries 16(1). p 1-21.
  • Anonyme. 2001.  Normes d'étiquetage pour les arthropodes terrestres. Mémoire préparé par la Commission biologique du Canada (Arthropodes terrestres). Série Document no 8 (2001) Ottawa. Traduit par Terry A. Wheeler, John T. Huber et Douglas C. Currie. plus >>
  • Landry, Bernard. 2003. Méthode de préparation des génitalia de papillons.
    URL: http://www.geneva-city.ch/musinfo/mhng/page1/entodis.htm
    Dernière mise à jour :  10 décembre 2003.
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