Comment commencer sa collection d'insectes
(l'Abécédaire de l'entomologiste amateur)
N.B.: Ce
document est en perpétuel changement à mesure que je reçoit de nouvelles
informations. |
par Sylvain Côté
|
Avant de commencer une collection d'insectes il faut se demander pourquoi on veut
collectionner les insectes. On peut collectionner les insectes pour leur beauté, pour
apprendre à mieux les connaître de façon générale, pour les identifier lorsque c'est
dans le cadre de recherches plus sérieuses ou tout simplement pour le simple plaisir de
découvrir leur immense diversité de formes, de couleurs et d'adaptations. Peu importe la
raison pour laquelle on collectionne les insectes il existe une foule de méthodes pour
les récolter et bien les préserver afin que leur valeur scientifique soit préservée.
Lors d'une sortie sur le terrain, l'entomologiste amateur fera toutes sorte
d'observations intéressantes sur les insectes, qu'il les capture ou non.
L'utilisation d'un petit calepin de notes s'avèrera fort utile à ce moment
pour noter toutes les observations d'ordre biologique comme la plante hôte de
l'insecte, des accouplements ou autres moeurs de l'insecte.
Ce document est un outil destiné aux entomologistes débutants.
Lorsqu'on récolte des insectes il faut respecter l'environnement. Par exemple, on
replace les roches, les bûches soulevées pour permettre aux insectes qui restent de
continuer à coloniser le micro habitat qu'on vient de perturber. On s'abstient aussi de
vider un milieu d'un insecte rare, de récolter en grand nombre les spécimens.
Rappelez-vous que vous aurez à monter tous les spécimens récoltés.
La Lepidopterists'
Society a sur son site un « Code d'éthique pour la
collecte de papillons » en anglais. Ce document devrait être lu au
moins une fois par tout entomologiste quel qu'il(elle) soit... et ensuite
appliqué en général pour l'ensemble des insectes récoltés.
plus>>.
Il y a une version traduite (avec quelques différences notables dans le texte traduit)
sur le site de l'Insectarium de Montréal
plus>>.
- Un calepin de notes et un crayon plomb (pas de crayon à bille car ce
dernier peut s'effacer s'il vient en contact avec l'eau). Le calepin sert à noter les
informations de base de nos récoltes:
- La date de capture
- l'endroit de la capture (toponyme le plus près : Ville, Village, nom du lac avec le
comté, etc.)
Il est aussi préférable d'y ajouter quelques notes biologiques afin d'enrichir la
valeur scientifique de votre collection. Voici quelques exemples:
- La plante hôte.
- La température/humidité (i.e. les conditions physiques).
- L'heure de la capture.
- Observations comportementales (accouplement, ponte, etc).
- Le stade larvaire : par exemple on peut élever les larves pour obtenir des adultes en
parfaite condition.
- Des contenants pour la récolte d'insectes vivants. Les petits pots de
pilules transparents (communément appelés «piluliers» à tort) ou les boîtes
translucides de film 35 mm font très bien l'affaire.
- Un poison pour les insectes.
L'acétate d'éthyle (aussi appelé éther acétique) est le solvant le
plus utilisé, car il n'est pas trop nocif pour les humains si utilisé adéquatement.
ATTENTION! la manipulation de tout produit chimique tel l'acétate d'éthyle DOIT se faire
sous supervision d'un adulte et DOIT se faire dans un endroit bien aéré comme pour tout
autre solvant. L'acétate d'éthyle a l'avantage de ne pas trop faire raidir les
insectes. Par contre c'est un poison liquide et il faut éviter de trop en mettre dans les
bocaux destinés aux papillons pour éviter qu'une condensation se forme. Si un papillon
se colle les ailes sur un liquide dans un pot, il sera grandement abîmé voire même
foutu!
Un substitut de l'acétate d'éthyle et le dissolvant à vernis à ongle à base
d'acétone. C'est facile à trouver et ça fonctionne presque aussi bien que l'acétate
d'éthyle.
Plusieurs entomologistes utilisent le cyanure de potassium pour les papillon car ce
dernier est un poison sec. Par contre le cyanure de potassium est un poison violent pour
les humains. La confection et les précautions quant à la manipulation des pots de
cyanure sont traitées dans le "Guide des papillons du Québec"
par Louis Handfield paru en août 1999.
L'ammoniaque est aussi très utilisé par les lépidoptéristes. Il est plus facile à
trouver que le cyanure.
- Une ou deux chambre asphyxiante, constituée d'un bocal en verre, à
large ouverture pour les insectes de grande taille tels les papillons, ou plus allongé et
à ouverture étroite pour les coléoptères. Pourquoi deux chambres asphyxiantes ? Parce
qu'il faut éviter de mélanger les papillons aux autres insectes. Le corps des papillons
est recouvert de milliers d'écailles et ils en perdent beaucoup lorsqu'ils se débattent
dans le pot avant de mourir. Si on ajoute d'autres insectes dans le même pot, ceux-ci
pourraient abîmer les papillons qui s'y trouvent déjà, ou bien voir leur corps
recouverts d'écailles. Ce qui implique qu'il faudrait les laver à notre retour à la
maison
Un pot de beurre d'arachides avec une ouverture d'environ 8-10 cm constitue un excellent
contenant pour les papillons. Pour confectionner une chambre asphyxiante, on peut
idéalement mettre une couche de plâtre de Paris dans le fond du bocal ou plus simplement
mettre un bout de tissu imbibé avec quelques gouttes de poison. la dernière méthode
n'étant pas recommandée pour les papillons.
Les boîtes translucides de film 35 mm sont résistantes à l'acétate d'éthyle
et se prêtent bien pour les coléoptères.
- Des papillotes pour les collectionneurs de papillons
Les papillotes sont pratiques pour protéger au maximum les spécimens
: Sur le
terrain, aussitôt que le papillon est assommé par le poison je le transfert
dans une papillote, les ailes repliées sur le dos. De cette façon, le papillon est protégé
contre les soubresauts du transport et contre les débats des autres papillons qu'on
ajoute ultérieurement au cours de notre chasse. À l'arrivée à la maison, ayant gardé
les papillons dans les papillotes, on évite des accidents lors de leur manipulation. On
n'a qu'à inscrire les données de terrain usuelles (lieu, date, collectionneur, notes
biologiques) sur les papillotes si on ne veut pas les étaler tout de suite. Ensuite on
utilise la méthode du congélateur (voir plus loin) si on veut conserver les spécimens
souples afin de les étaler plus tard, sinon, on peut les faire sécher directement dans
les papillotes si on veut les conserver déshydratés ou pour des échanges.
- Vos mains et vos yeux! Ce sont les «accessoires» les plus importants.
Prenez le temps d'observer de près la nature, arrêtez le temps quelques instants et
observez l'activité des insectes dans un champ au mois de juin, sous les écorces des
arbres ou sur un champignon. Il y a plein d'espèces à découvrir. Les accessoires
suivants peuvent aider à faire la capture en plus grand nombre.
- Le filet aérien
- C'est le filet le plus connu. Attraper un papillon ou une libellule au vol, quoi de plus
excitant ?
- Le filet fauchoir
- Avec une toile plus épaisse, plus résistante. Il faut garder un angle de 45 degrés
lorsqu'on fauche la végétation.
- Le filet troubleau
- Pour les insectes aquatiques.
- Le battage au parapluie japonais (battoir)
- Pour récolter les insectes sur les arbres et les arbustes.
- Le tamisage
- Pour les insectes terrestres (efficace au printemps ou à l'automne)
- Le piétinage
- Pour les insectes (coléoptères semi-aquatiques)
- Le piège lumineux >> (en
construction)
- Pour la chasse nocturne. C'est passif comme méthode, mais j'vous jure que des fois y'a
de l'action près d'un piège lumineux. Saviez-vous qu'il y a au moins deux fois plus
d'insectes actifs la nuit que le jour?
- La miellée (nuit) >>
- La meilleure méthode pour attraper les Catocala (Lepidoptera : Noctuidae) la
nuit. On a souvent des surprises (Coléoptères) lors de ces chasses.
- La «cannisse» de miellée
- Sur un bidon genre lave-glace on pratique une ouverture sur le côté et on met de la
miellée liquide dans le fond. On suspend le bidon dans la forêt. Bon pour
attraper des
Longicornes (Coleoptera : Cerambycidae). Doit être visité à tous les jours. On récolte
les insectes avec un petit tamis.
- Le «pitfall» ou piège-fosse
- On enfonce une canne ou un bocal au niveau de la terre pour attraper les insectes
terrestres.
- Le «pitfall» avec appât
- En y ajoutant un appât comme de la viande hachée, on peut attraper de beaux insectes
nécrophages.
- Le bol jaune
- Tout plat jaune (teinte jaune «serin») avec un peu d'eau savonneuse attirera beaucoup
d'Hyménoptères.
- Le Berlese
- On place un substrat qu'on fait sécher sous la lumière, et les insectes migrent vers
le bas dans un bocal récepteur.
- Le piège Malaise
- Un filet intercepte les insectes au vol. L'insecte cherche alors à monter et est pris
dans un bocal renversé avec entonnoir et poison.
Après une journée de chasse, on a souvent récolté plus d'insectes qu'il nous est
possible de monter la journée même. Il existe des méthodes pour les conserver afin
qu'ils restent souples jusqu'au moment du montage. Le principe de base pour la
conservation est d'éviter qu'il se déshydrate tout en évitant qu'il
moisisse. Un insecte séché peut, dans la plupart des cas, être récupéré si on
le ré humidifie, mais un insecte attaqué par la moisissure est perdu. Un insecte qui
s'est déshydraté, même un peu, peut difficilement être monté car ses pattes ou ses
antennes deviennent cassantes. En plus, certains groupes d'insectes, notamment les
Micro lépidoptères, doivent être montés immédiatement au retour, pendant qu'ils sont
encore vivants. Selon le type d'insecte il existe plusieurs méthode de
préservation avant le montage. En voici quelques-unes:
Au congélateur
Coléoptères, Hémiptères, etc.
En général, on peut conserver les spécimens au congélateur jusqu'au moment du
montage. Le truc est de s'assurer qu'ils ne se dessèchent pas, même au congélateur
(les congélateurs contemporains «sans givre» ont un taux d'humidité très bas). La
méthode que j'utilise consiste à placer les insectes dans des petits contenants
hermétiques au congélateur. Par exemple, je place les petits insectes accompagnés d'une
étiquette avec la date, la localité, et autres notes dans des petits pots de film 35 mm.
Chaque échantillon étant séparés par des couches d'essuie-tout (pas de ouate car c'est
trop accrochant : les appendices des insectes risquent de se briser lorsqu'on voudra les
sortir). Je place ensuite les petits pots dans un plus gros plat genre «TupperWare» (ou
à margarine) lui aussi fermé. Dans ce plat, je tapisse le fond avec un morceau
d'essuie-tout humide pour garder un bon taux d'humidité. De cette façon, les
insectes peuvent se conserver plusieurs mois et vont rester souples jusqu'au moment du
montage, en autant que le congélateur ne cesse pas de fonctionner et que votre contenant
soit (ou reste) hermétique évidemment. J'en ai même vu qui sont restés passablement
souples après 3 ans!
Lépidoptères
On place les lépidoptères dans une papillote
(toujours bien identifiée avec la date, la localité, et autres notes) et ensuite on
place les papillotes dans un contenant hermétique tel que mentionné ci-dessus. Attention
: Les antennes des Lépidoptères sont extrêmement sensibles à la dé hydratation.
Déshydratation
Protégez vos insectes de l'humidité
Sous nos latitudes tempérées, on peu très bien conserver la plupart des insectes en
les laissant sécher à la température de la pièce, en autant que l'humidité relative
ne soit pas trop élevée (idéalement sous les 50% H.R.) comme dans certains sous-sols.
C'est la raison pourquoi il est difficile de conserver une collection d'insectes dans les
pays tropicaux : le taux d'humidité est tellement élevé que les insectes montés
s'affaissent et finissent par moisir. On peut utiliser du Silicagel (utilisé pour
les fleurs séchées) pour aider à la déshydratation des insectes dans des conditions
extrêmes, mais le problème reste si on n'a pas d'entreposage à l'abri de l'humidité.
Protégez vos insectes des dermestes
Une fois les insectes déshydratés il faut les ranger dans un contenant hermétique aux
dermestes si possible. Sinon il faut ajouter un répulsif comme des «boules à mites»
(voir plus loin la section Préservation des insectes après le montage
(à venir) pour la liste des répulsifs).
Coléoptères
Plusieurs coléoptéristes conservent leurs spécimens dans une papillote
spéciale, aussi appelée "Blister" (de l'anglais "Blister
Pack").
On prend un rectangle de carton moyennement rigide (comme le carton d'une boîte de
céréale par exemple) d'une taille un peu plus grande que le spécimen à conserver.
À l'endos on écrit AU MINIMUM le nom de l'insecte, le pays, localité et date
de capture. Sinon, il faut mettre une étiquette avec ces mêmes renseignements
à côté de l'insecte.
Sur
ce carton on met un ou plusieurs morceaux rectangulaire (de la même taille que le carton
précédent) de n'importe quel matériau moelleux ou spongieux. Par exemple, certains
entomologistes utilisent 3-4 couches d'essuie-tout, un bout de mousse d'environ 5 mm
d'épaisseur ou de la ouate. Le désavantage de la ouate ou autre matériau
fibreux est que les les crochets des tarses ainsi que les autres appendices
comme les antennes des insectes peuvent s'y accrocher facilement et lors du
démontage de la papillote on risque de les briser si on ne fait pas attention
à ce détail.
Ensuite on place l'insecte sur le ventre (en prenant soit de placer
ses appendices repliées le long de son corps) sur le matériel moelleux et on recouvre
l'insecte d'un autre rectangle, mais cette fois-ci, d'un morceau d'emballage plastique
découpé, par exemple, dans un sac à sandwich genre «ZipLock». Il ne reste qu'à
brocher les trois couches ensemble tout autour de l'insecte et d'inscrire les informations
usuelles sous le carton et le tour est joué! On peut aussi remplacer la
dernière couche par des petits sac refermables genre «ZipLock» de la meme
taille que le carton rigide. Cette dernière façon de procéder permet d'ouvrir
et refermer l'emballage rapidement (sans avoir a défaire les broches. Par
contre, si le sac est trop grand par rapport au carton, l'insecte risque de se
déplacer et de s'abîmer. Ce genre de papillote est très utilisé
pour les envois postaux car il protège très bien l'insecte, tellement, qu'on pourrait
jouer au «Freezbee» avec les papillotes que les insectes ne seraient pratiquement pas
abîmés.
Liens utiles :
La mise en
blister et les envois postaux >>
Préservation dans l'alcool
Plusieurs insectes qui on le corps mou ne se conservent pas bien lorsqu'ils
sèchent.
C'est le cas notamment des insectes immatures comme les chenilles de papillons
et les
larves, ainsi que certains autres insectes imago à corps mou comme les pucerons et
les araignées. La meilleure méthode de préservation est alors de les
mettre dans un petit flacon avec de l'alcool éthylique à 70% avec un peu de vinaigre. Le
vinaigre aide à conserver une certaine souplesse au spécimen. Afin de conserver un
maximum de souplesse, il n'est pas recommandé de les mettre vivants dans
l'alcool, mais plutôt de les tuer sous l'eau chaude du robinet (je dis bien de l'eau
chaude et non bouillante; il ne faut pas les faire cuire !!!). Il existe plusieurs
recettes de liquides de préservation plus ou moins faciles à faire à la maison.
Voir Comment
conserver les larves d'insectes dans un liquide préservatif dans
la FAQ de l'AEAQ ou consultez le livre de Martin, 1983 pour en savoir plus.
Les petits insectes comme les collemboles, les pucerons, les puces et les
Mallophages, doivent être montés sur des lames de microscope. Il en va de même
pour certaines parties d'insectes comme pièces buccales, les génitalia
(organes génitaux des insectes) et les ailes. Dans certains cas il faut
comparer ces structures au microscope afin d'identifier de façon positive une
espèce d'insecte.
Il existe plusieurs techniques assez compliquées et spécifiques au type de
préparation, en plus d'impliquer des produits chimiques spécialisés. Il serait
trop long de les détailler ici. Mais grosso modo, avant d'être fixé
définitivement sur une lame, les spécimens peuvent subir les opérations
suivantes :
- Nettoyage
- Éclaircissement (pour rendre plus transparent). On utilise souvent de
l'hydroxyde de potassium (KOH) en solution à 10% pour ce faire.
- Rinçage à divers étapes pour arrêter les agents chimiques
- Vidage du spécimen de ses parties molles
- Déshydratation
- Blanchiment
- Coloration
- Fixation permanente sur la lame
Merci à Bernard Landry, du Muséum d'histoire naturelle de la Ville de
Genève, de nous offrir un document concernant sa méthode de
préparation des génitalia de papillons le sujet à l'adresse suivante :
http://www.geneva-city.ch/musinfo/mhng/page1/entodis.htm
aussi disponible en
format
PDF .
Introduction
On peut monter les insectes de différentes façons, selon leur taille,
leur ordre ou leur stade de développement.
On peut monter des insectes piquées par une épingle entomologique, collé
sur un petit triangle de carton ou une paillette (morceau de carton
rectangulaire) piqué sur une épingle, on monte les microlépidoptères
piqués sur une minutie, cette dernière étant montée sur un bout de liège.
Si un insecte est petit, la règle no 1 non écrite que j'utilise est: si
l'insecte est assez petit pour être sur un triangle (moins de 8mm), je
préfère le coller sur un triangle plutôt que de risquer de l'endommager en
lui plantant un épingle dans le corps. De plus, je ne prend jamais (ou
plutôt plus jamais ;-) d'épingles plus petites que #0 pour épingler les
insectes. Ceci est parce que les #00 et #000 sont trop molles et se plantent
difficilement dans certains substrat de fond de boîte et on risque de plier
l'épingle ou d'endommager les spécimens quand on les manipule. La règle no
2 non écrite est : si une aiguille #0 est trop grosse pour épingler
l'insectes, c'est qu'il faut le coller sur un triangle, une paillette, ou
conserver dans l'alcool si le corps est mou. Dans la majorité des cas,
l'imago (l'adulte), est monté sur une épingle. toutefois il faut savoir où
et comment placer l'épingle selon l'ordre d'insecte il s'agit.
Épingles entomologiques
Des épingles de différentes grosseurs. Si, pour commencer, vous n'aviez
qu'à acheter deux paquets je vous suggère les # 0 pour les plus petits
insectes et les # 3 pour les plus gros ou pour monter les insectes sur un
triangle... mais éventuellement vous aurez besoin d'acheter quelques paquets
pour les autres besoins. Par exemple, si vous attrapez un papillon de
nuit comme les Saturnidae (Papillon lune, Cécropia, Polyphème, gros sphinx,
etc.) qui a un gros corps, vous aurez besoin des aiguilles # 7, qui sont plus
longues.
Sur le thorax
Normalement on épingle les insectes au travers le thorax entre les deux
paires d'ailes et non l'abdomen. Dans le cas des coléoptères, on plante sur
l'élytre droit, et pour les Hétéroptères, dans le côté droit du triangle
scutellaire. En général il est recommandé de mettre l'épingle non au
centre, mais plutôt vers le côté droit par rapport à l'axe longitudinal de
l'insecte. Le but de mettre l'épingle vers la droite est d'éviter de planter
l'épingle dans une structure qui pourrait servir à l'identification et qui
serait au centre du corps de l'insecte. Dans le cas des Odonates et des
Lépidoptères on peut placer l'épingle au centre du thorax car on ne se sert
pas de ces structures pour l'identification. L'épingle doit aussi être
placé perpendiculairement dans les 2 sens par rapport au corps
(idéalement!! se soyez pas trop sévère avec vous même, si l'insecte
est fragile, on peut tolérer un petit angle de travers plutôt que de risquer
de l'abîmer en réessayant 2 -3 fois de planter l'épingle :-).
Hauteur de l'épingle
Enfoncer l'épingle jusqu'à ce que le bas du corps de l'insecte (i.e. sa bedaine)
soit à 2,5 cm (1 pouce) de hauteur sur l'épingle (figure 1). On se sert
souvent de petits blocs gabarit pour ajuster et uniformiser facilement la
hauteur de l'insecte sur les épingles.
Dans le cas des insectes avec un gros corps, comme certains papillons de
nuit (ex. le Sphinx Modeste ) il est parfois nécessaire d'utiliser des
épingles #7, qui sont les seules à être plus longues, afin que le bas du
corps soit à 2,5 cm de haut. Le seul inconvénient avec ces épingles est
qu'ils n'entrent pas en hauteur dans certaines boites entomologiques et il
faut couper la tête de l'épingle avec des pinces coupantes pour éviter que
celles-ci plient sous le couvercle vitré de la boîte.
Disposition des ailes
- base des ailes antérieures perpendiculaires
- on peut étaler qu'un seul côté où même à l'envers dans certains cas
- j'ai développé une technique spéciale pour étaler les ailes des petits
insectes à ailes membraneuses comme les diptères et hyménoptères (à
venir)
(reste à venir )
Disposition des pattes
- Lorsque possible, on dégage les pattes, en les plaçant le long du
corps, la première paire vers l'avant et les 2 autres paires vers l'arrière.
Dans le cas des diptères, on met les 2 premières paires vers l'avant. Faire
attention de ne pas écarter trop les pattes du corps car elles risquent plus
de se briser lorsqu'on manipule nos spécimens: les mettre le plus proche du
corps possible. certains entomologistes vont prendre un soins minutieux à
placer toutes les pattes de façon la plus symétrique possible, ce qui
augment la qualité "esthétique" de la collection. Mais ce n'est
pas un critère essentiel: le but est de rendre visibles les structures qui
pourraient être nécessaires à l'identification.
à venir
Selon les principaux ordres, les différentes façon de monter les
insectes:
Odonates:
On peut conserver les odonates dans des papillotes semi transparentes (ex.
papier décalque) ou piquées sur une épingle. Si on fait sécher les
odonates dans un étaloir à papillon, les ailes étalées de chaque côté du
corps, on peut placer l'épingle au centre du thorax car on ne se sert pas de
ces structures pour l'identification. On peut aussi faire sécher l'odonate
avec les ailes repliées sur le dessus du corps comme dans une papillote et
plante une épingle sur le côté du thorax. Cette méthode a l'avantage de
prendre moins de place dans les boîtes de collection et permet de bien voir
les structures pour l'identification.
Lépidoptères
Voir Technique : Comment étaler un
papillon .
Pour les microlépidoptères, veuillez vous référer à
l'article de Jean-François Landry, Fabreries 16(1). p 1-21.
Coléoptères
à venir
Diptères et Hyménoptères
On enfonce généralement l'épingle sur le côté droit du thorax, entre
les ailes antérieures. On peut étaler les ailes afin de bien voir les
structures
Inhérente au spécimen, l'étiquette doit durer autant que lui. Comme pour
tout document d'archive, sa durabilité exige un papier sans acide et une
encre permanente. Un insecte sans étiquette, sans données, n'a aucune valeur
scientifique. Il n'est bon que pour faire une décoration ou à jeter à la
poubelle.
Papier pour étiquettes
Le papier utilisé doit être d'une qualité supérieure à du papier normal. LE
papier idéal serait fabriqué de fibres 100% coton, lisse, d'une blancheur
maximale, mat, être assez épais, sans acide, d'un format standard 8.5" x 11"
(279 x 216 mm) ou A4 en Europe si l'on veut s'en servir dans une imprimante,
disponible en petites quantités et facilement trouvable par « monsieur/madame
tout le monde ». Il n'est pas facile de trouver du papier qui rencontre
toutes ces caractéristiques sur le marché. On utilise souvent le terme «
papier de qualité archive ». Il faut garder en tête que le papier sera
entreposé le plus souvent dans des tiroirs assez hermétiques dans lequel
toutes sortes de produits chimiques s'évaporent pour éloigner les insectes et
c'est une des raisons pour laquelle il faut que le papier soit de qualité
supérieure.
Caractéristiques physiques
Le papier doit être d'une blancheur maximale. L'indice de blancheur (Norme
ISO «brightness») devrait être de plus de 90 %. Le papier doit être
lisse (sans texture rugueuse ou bosselée) afin que les inscriptions faites à
l'aide de plumes à pointes fines soient droites, claires et précises. On
choisira un papier mat plutôt que reluisant, l'encre y pénètre plus
facilement.
Le papier doit aussi être assez épais pour éviter que l'étiquette tourne
autour de l'épingle une fois piquée. On recommande dans les manuels du papier
d'au moins 36 lbs. Le papier normal pour imprimante faisant entre 20 et 24 lbs, ce dernier est trop mince. En pratique les collectionneurs utilisent du papier
jusqu'à 60 lb (épais environ comme un carton à couverture).
Composition des fibres
Dans certains guides on parle aussi de papier 100% coton. Un spécialiste du
papier m'a dit que le pourcentage de coton était directement proportionnel à
sa durée de vie, donc un papier 100% serait bon pour environ 100 ans et une
papier 25% coton durerait 25 ans. Encore ici, dans la pratique, j'ai vu peu de
musées ou collectionneurs qui utilisaient du papier 100% coton, probablement
parce qu'il est difficile de trouver un tel papier avec les autres qualités
qu'on lui recherche. On le aussi veut sans acide pour éviter qu'il jaunisse au
cours des années. Aujourd'hui heureusement, la plupart des papiers sont
fabriqués sans acide.
Ce site donne une bonne idées des caractéristiques d'une foule de papiers :
http://www.conservatree.com/paper/PaperGuide/Writing.shtml
Consultez ce lien en français sur les Normes d'étiquetage pour les
arthropodes terrestres par la Commission biologique du Canada
(section arthropodes terrestres). Mémoire publié en 2001.
Quel type d'encre utiliser ?
L'encre de couleur, les photocopies, le papier carbone, le crayon à bille
sont à proscrire parce que leur encre n'est pas permanente.
Crayon à encre indélébile (encre de chine, encre à pigments)
Personnellement, j'utilise les crayon Staedtler® Pigment Liner; ils sont
disponibles avec des pointes de divers calibres (les pointes .01 or .005
donnent un trait extrêmement fin utile pour les petits caractères) et se
vendent environ 3 $ CAN. J'utilise aussi les plumes techniques à encre de
Chine Staedtler® Marsmatic série 700 avec la pointe 5x0 (0.13). Mais le
désavantage de cette plume est que si on ne l'utilise plus pour une longue
période de temps (environ 2-3 mois) l'encre peut sécher dans la pointe et peut
le rendre inutilisable. Pour éviter cela, il faut vider et nettoyer la plume,
sinon on peut devoir remplacer la pointe qui coûte assez cher (~25 $ CAN).
Impression d'étiquettes de collection avec une imprimante.
vous trouverez ici un
Modèle d'étiquettes pour collection d'insectes à imprimer
(Modèle
sur MS Excel)
Instructions pour le téléchargement : avec le bouton droit
(«right-click») de votre souris, choisissez « enregistrez la cible
sous... » dans le menu contextuel pour télécharger une copie de ce
fichier sur votre ordinateur.
Ensuite, il ne vous reste, une fois ce fichier ouvert avec Excel, qu'à
chercher et remplacer les informations existantes par les vôtres... et voilà
vous êtes prêt à imprimer le tout sur une imprimante laser à 600ppp ou
idéalement à plus haute résolution (1200ppp).
Les Normes d'étiquetage pour les
arthropodes terrestres mentionnent que « Les imprimantes laser et
les imprimantes à jet d'encre de bonne qualité donnent une impression de
qualité suffisante pour les étiquettes permanentes. ». Toutefois, on ne
sais pas vraiment combien de temps l'encre en poudre chauffée (comme dans le
cas d'imprimantes laser) sur une feuille de papier va tenir en place. À mon
avis, une imprimante à jet d'encre à haute résolution, avec de l'encre de
qualité archive, serait préférable que la technologie laser, car les
pigments de la jet d'encre pénètrent mieux le papier.
Dans tous les cas, l'impression des étiquettes au laser n'est absolument
pas recommandée pour les collections humides. Pour l'avoir vécu moi-même,
les étiquettes au laser placées dans les préservatifs à base d'alcool
finissent par devenir très fragiles et l'encre se détache après quelques 2-3
années seulement si l'étiquette est manipulée. Imaginez si vos spécimens
perdaient leurs données ! ça serait une vraie catastrophe au niveau
scientifique. Donc à éviter absolument. Utilisez-donc la bonne vieille plume
à l'encre de chine. Cette méthode à fait ses preuves.
Vous
trouverez ici une étude sur la durabilité des étiquettes de collection
imprimées au laser (http://isopods.nhm.org/people/wetzer/pdf/10224.pdf)
dans les milieux humides. Le site
www.spnhc.org (Society
for the Preservation of Natuarl History Collections) pourrait vous informer
davantage sur le sujet.
Vous
trouverez ici un document PDF (Comment
étiqueter un insecte ?) Texte collectif du personnel d'Entomologie du
Muséum national d'histoire naturelle (INRA).
Voir aussi un document de Entomofaune du Québec : Leclercq, J.
1987. À propos des étiquettes de provenance
dans les collections (http://entomofaune.qc.ca/publicat/DT11-Etiquette.pdf).
Identification des insectes
Pour identifier les insectes, on se sert généralement de clés
dichotomiques. l'AEAQ publie Le supplément no
1 : L'Abrégé d'entomologie (désolé, épuisé en date du 1er mars 2006) qui peut aider les débutants à identifier
les principales espèces du Québec à l'aides de clés jusqu'au niveau de
l'Ordre.
Préservation des insectes après le montage (entretien de la collection d'insectes)
Bibliographie
Handfield, Louis. 1999. Guide des papillons du Québec. Éditions
Broquet.
Martin, J.E.H. 1983. Récolte, préparation et conservation des Insectes, des
Acariens et des Araignées. Les Insectes et Arachnides du Canada - Partie 1.
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Dernière mise à jour : 10 décembre 2003.
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